Nous attendons de plus en plus parler de la méditation, au travers du prisme de la science qui participe à réhabiliter la pratique de la méditation. Jusqu’à il y a quelques années, elle était perçue comme une activité réservée aux religieux d’Asie ou à des « originaux » occidentaux. Maintenant, nous savons discerner la pratique méditative religieuse, d’une pratique méditative laïque ou profane.

La preuve par la science est faite. Les études, (il en existe plus de 400 000 mille dans le monde entier), ont prouvé qu’une pratique assidue de la méditation participe à réduire le stress, l’anxiété, les addictions et la dépression tout en augmentant notre mémoire et notre discernement. Mais saviez-vous que la méditation peut aussi entraîner des changements au combien profitables sur la structure même du cerveau ? Elle aide certaines zones du cerveau à s’épaissir et d’autres à devenir moins denses. Et n’oublions pas les effets sur le reste du corps : la pratique de la méditation peut diminuer la pression artérielle et renforcer le système immunitaire.

Voici une partie des effets sur certaines zones du cerveau.

L’amygdale :

L’amygdale joue un rôle dans la façon dont nous ressentons certaines émotions négatives, comme le stress. C’est une région du cerveau qui devient de plus en plus dense quand nous sommes anxieux. Ceux qui pratiquent la méditation de manière régulière ont cette zone du cerveau moins stimulée en situation de stress et la densité de cette zone se réduit de façon générale. La méditation influence donc notre réponse au stress. Des fumeurs ont, par exemple, été séparés en 2 groupes au cours d’une étude. Le 1er groupe a suivi des cours de méditation, le 2ième simplement des cours pour arrêter de fumer. Même si les 2 équipes ont globalement moins fumé, celle qui a appris la méditation n’a pas été aussi stressée au niveau de l’amygdale, comme on a pu le voir grâce à l’IRMf.

Le cortex préfrontal :

Avec l’âge, le cortex préfrontal s’amincit, ce qui contribue au déclin des fonctions cognitives. Les pratiquants de la méditation peuvent inverser cette tendance. « J’ai découvert que les personnes qui méditaient très longtemps ne montraient pas de signe de déclin de l’épaisseur du cortex préfrontal », assure le Docteur Lazar au HuffPost.

L’hippocampe :

Nous avons tous 2 hippocampes. Des parties du cerveau qui nous aident à former de nouveaux souvenirs à partir de nos expériences. Tout comme l’amygdale, l’hippocampe répond au stress mais, à l’inverse, lui se réduit. Le Docteur Lazar a mené une étude au cours de laquelle elle a analysé le cerveau de 16 patients avant et après 8 semaines de cours de méditation pour le stress. « Nous avons découvert que l’hippocampe est sensible au cortisol, qu’il réagit mal au stress, et qu’il rétrécit », explique-t-elle. L’étude a aussi permis de constater que les patients avaient réussi à faire augmenter la densité de l’hippocampe après la pratique méditative « anti-stress ».

 Le cortex cingulaire postérieur (PCC) :

Dans cette même étude, il a été découvert une augmentation de la matière grise dans le cortex cingulaire postérieur que l’on associe généralement à la créativité, la réflexion intense, l’introspection et aussi la façon dont une personne évalue comment une situation se rapporte à elle en tant qu’individu.

Le carrefour temporo-pariétal (TPJ) :

Autre découverte faite sur la même étude, une augmentation de la matière grise au niveau du carrefour temporo-pariétal, qui fonctionne à l’inverse du cortex cingulaire postérieur : on l’associe à la capacité à se mettre à la place des autres, à l’empathie. Et pour cause, une étude de l’université d’Emory, en Géorgie, a montré qu’un programme de méditation appelé « Cognitive-Based Compassion Training » (formation à la compassion basé sur la cognition) avait permis aux volontaires de mieux interpréter les émotions sur les visages d’inconnus.

Le Cœur :

La méditation participe à protéger des maladies cardiaques. Selon un étude menée sur 40 personnes âgées, un stage de 8 semaines de MBSR « Mindfulness-Based Stress Reduction », réduit la concentration de protéine C réactive, un marqueur précoce du développement des maladies cardiaques.

Le système immunitaire :

Au cours de cette même étude de l’université de Californie faite sur des personnes âgées, les chercheurs ont aussi découvert que la méditation engendrait une diminution de l’expression d’un groupe de gènes entraînant les réactions inflammatoires et faisant partie de la réaction immunitaire du corps humain.

La pression artérielle :

Au cours d’une autre étude, au Benson-Henry Institute for Mind Body Medicine à Boston, des patients qui faisaient de l’hypertension ont dû s’essayer à une technique de méditation quotidienne développée par le cardiologue Herbert Benson, la « relaxation response ». Après 3 mois de pratique, 40 des 60 patients ont pu réduire leur traitement médicamenteux, leur pression artérielle ayant diminuée. La pratique de cette méditation a permis au corps de produire davantage de monoxyde d’azote (un gaz faisant office de neurotransmetteur, qui peut élargir les vaisseaux sanguins, permettant ainsi au sang de circuler plus facilement et réduisant donc la pression nécessaire à son parcours dans le corps).

Pour conclure, selon les pratiques ancestrales, « méditer » signifie « s’habituer » ou « cultiver ». La méditation consiste à se familiariser avec une nouvelle manière d’être à l’intérieur soi, avec soi, de gérer ou trier ses pensées et de percevoir le monde. Nous nous douchons (pour la plupart une fois par jour), nous nous lavons les dents, pourquoi ne pas laver le dedans :-).

Quelle formidable « douche intérieure », praticable en tous temps, en tous lieux, à n’importe quel âge, au début éventuellement accompagné et très vite en autonomie.

Maud PIASCO

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